15 ans et lépreux
Malgré un recul de la maladie, un nouveau cas de lèpre est constaté toutes les deux minutes dans le monde. De nombreux jeunes sont touchés, comme Ali, 15 ans.
Ali a déjà une longue histoire derrière lui. Originaire du Soudan (Afrique), il a du fuir la région du Darfour en guerre. Il est aujourd’hui l’un des 200 000 réfugiés qui se sont s’installés au Tchad, pays voisin du Soudan. Parmi les 18 000 personnes qui habitent le camp de Farchana, il y a près d’une vingtaine de lépreux… dont lui, Ali.
Une maladie très ancienne
Les traces de la lèpre ne sont pas récentes. En 600 avant Jésus-Christ, on parlait déjà de cette maladie. Si au XVIIIe siècle, elle disparaît quasiment de l’Europe, la lèpre se répand en revanche en Amérique du Sud, en Afrique et en Asie. Là, les victimes se comptent par centaines. En 2008, plus de 20 000 enfants de moins de 15 ans figurent parmi les nouveaux cas dépistés.
Ni la douleur ni la chaleur
La lèpre se transmet par les voies respiratoires. Elle évolue assez lentement (en moyenne 5 ans d’incubation et des symptômes qui peuvent apparaître 20 ans plus tard). Elle est contagieuse durant le temps de l’incubation. La maladie touche la peau, puis les nerfs, ainsi que les yeux et les muqueuses.). Le lépreux ne ressent ni la douleur ni la chaleur. Faute de soins adaptés, le malade est souvent victime de blessures graves.
Se tenir loin du « lion »
Les risques de contagion et les corps disgracieux font que les lépreux sont rejetés. Là où vit Ali, la lèpre est appelée la « maladie du lion ». Car avec ce nez qui se déforme et ces mains qui deviennent comme des griffes, le corps perd son humanité. Les gens recommandent de se tenir loin du « lion » ! Ali connaît l’exclusion : il n’a pas de camarades de jeux. Les distributions d’eau, de mil ou de couvertures se font sans lui. Son vieux père est inquiet. Seul et veuf, il est difficile pour lui de prendre soin de son fils, lépreux pour toujours.
Retrouver sa dignité
Pour que le drame d’Ali ne se reproduise pas, il faut dépister d’urgence les malades, rassurer les victimes et les guérir. C’est la mission que s’est donnée la Fondation Raoul Follereau. Après avoir contribué à guérir des millions de lépreux dans le monde, la Fondation met en œuvre une nouvelle stratégie pour garder la maladie sous contrôle, et faire baisser le nombre des nouveaux cas. Des efforts qui permettent à des jeunes, comme Ali, 15 ans, de retrouver une dignité.
MR
Avec l’aide de la Fondation Raoul Follereau
Lis l’article sur la Journée mondiale des lépreux, dans la rubrique « Chat presse, International ».
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