Victimes de guerre

Des enfants soldats réapprennent à vivre dans un centre en Sierra Leone (Afrique) © Amnesty International
Enfants et guerre, deux mots qui ne vont pas ensemble, mais que certains adultes essaient parfois d’associer. Selon l’Unicef, 250 000 enfants sont utilisés par les groupes et forces armées à travers le monde. Vendredi, une journée leur est consacrée.
La guerre leur a volé leur enfance. On les appelle
« Kadagos » en République Démocratique du Congo, « Little Bees » en Colombie, « Craps » au Rwanda. À l’âge où ils aimeraient jouer avec leurs copains, les enfants soldats se retrouvent embarqués dans l’horreur des conflits armés. Eux qui, comme tant d’autres, s’amuse à se faire la guerre « pour rire », sont envoyés au front pour de vrai. Les pistolets en plastique sont remplacés par le dernier modèle de kalashnikov…
Des droits, oui mais…
Les enfants soldats ont toujours existé. Toutes les guerres, depuis l’Antiquité, ont utilisé les plus jeunes pour grossir les troupes armées. Mais son caractère massif est totalement inédit dans l’Histoire. Il y a 8 ans, le Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant entre en vigueur. Il interdit la participation d’enfants de moins de 18 ans aux guerres. Mais dans les faits, ce texte n’est pas respecté.
La loi du plus fort
Ces enfants soldats ont parfois été enlevés à leurs familles. Beaucoup d’entre eux ont aussi perdu leurs parents et l’armée reste leur seule solution de survie. Cela a été le cas pour Ishmael Beah. La guerre entre dans sa vie à l’âge de 12 ans. Cet enfant de Sierra Leone voit toute sa famille disparaître. Il se retrouve seul « Comme tous les enfants dans la même situation que moi, nous n’avions pas d’autre choix que de nous engager comme enfant soldat », explique le jeune homme, aujourd’hui étudiant en droit, dans un reportage sur TF1. Les forces armées font l’éducation militaire de ces jeunes. Ils les entraînent, les nourrissent, leur font parfois un lavage de cerveau, en utilisant des drogues pour faire tomber leurs résistances. La mort devient leur quotidien, même si tuer reste insupportable.
Après la guerre…
Les Nations Unis ont mis en place des programmes pour aider les enfants qui sont sortis des armées. Ils sont encadrés pour leur réapprendre à retrouver une vie normale. Suivre une scolarité régulière, soigner leurs blessures physiques et psychologiques, rejoindre leurs familles. Les enfants soldats se reconstruisent petit à petit, car la plupart ont oublié les gestes simples de l’enfance. Chaque jour l’ONU, l’Unicef ou des associations se mobilisent pour faire libérer ces « soldats otages ». Mais il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour que les enfants soient respectés dans le monde. Selon l’Unicef, 45 % des adultes ignorent que les enfants ont des droits !
Ange-Lise Lapied
Découvre le portrait d’Ishmael Beah dans la rubrique « Chat-chat gite : la chronique de Flash).
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