Des jardiniers en guerre contre le béton
Pendant que tu dors tranquillement, la nuit, des « soldats verts » envahissent parfois la ville pour transformer le béton en fleurs. Armés de bêches, de râteaux et de pelles, ces pirates de l’écologie prennent d’assaut les endroits laissés à l’abandon, pour y mettre un peu de nature.
Il existe des lieux en friche où rien d’autre ne pousse que des pierres et des canettes de soda. Plutôt triste… Certains ont refusé de déprimer et ont pris la résolution de laisser s’exprimer le flower power (le pouvoir par les fleurs). Bien décidés à lutter contre la diminution des espaces verts dans les villes, ces opposants au béton ont mis leurs connaissances du jardinage au service des citoyens. Le but de leur mission n’est pas seulement de reverdir les rues. Ils veulent également développer des potagers pour les habitants du quartier.
Ça vient de la rue
Comment l’idée a-t-elle pu germer ? Tout a commencé dans les années 1970 aux États-Unis. Les « bucoliques anonymes » avaient créé des jardins et forcé les hommes politiques à prendre à leur charge l’entretien de ces jardins hors la loi. Les bonnes idées n’ayant pas de frontières, l’initiative a été reprise par des citoyens d’autres pays. Le mouvement s’est développé au Canada où le gouvernement entretient volontiers ces jardins, « poussés » dans la nuit.
Ils sont partout
Tous les continents ont actuellement leurs guérilleros verts. Richard Reynolds, combattant écologiste de Londres, au Royaume-Uni, a fédéré tous ces jardiniers sur un blog. Ce qui permet de centraliser les actions des différents pays. Les groupes se forment et s’organisent peu à peu de ville en ville. L’union fait la force !
Opération commando
Le mode d’action de ces pirates écolos est toujours le même. Ils agissent la nuit pour ne pas se faire remarquer. Et pas question de planter n’importe où ! Un membre du groupe repère auparavant l’endroit qui mérite un « coup de vert ». Et c’est parti pour l’expédition ! Chacun amène ses outils, les graines, les pousses… Ils débroussaillent et redonnent vie à la nature. Une reforestation des villes tout en douceur.
L’action des jardiniers guérilleros est bien accueillie par la population. Les habitants n’hésitent pas à prendre le relais pour entretenir ces nouvelles pousses. Il est interdit de modifier les lieux publics, mais les maires ferment volontiers les yeux… pour laisser éclater la vague verte dans les villes.
Nala Solal


