La Rafle
Le 16 juillet 1942, 13 000 Juifs ont été arrêtés à Paris et parqués au vélodrome d’Hiver, avant d’être déportés. Seuls 25 d’entre eux reviendront. Le film La Rafle, qui sort aujourd’hui, raconte ce drame historique.
Tous les personnages du film ont vraiment existé, ce qui fait de La Rafle un témoignage émouvant. La réalisatrice Roseline Bosch a passé trois ans à faire des recherches, à lire des lettres de l’époque, pour reconstituer comme un puzzle cette page d’histoire, où le spectateur suit le destin de plusieurs familles.
Quand l’histoire dépasse la fiction
Le drame de la rafle du vélodrome d’Hiver (le Vel’d’Hiv comme on l’appelait) est de ne pas avoir épargné les enfants. Ceux-ci font d’ailleurs toute la richesse de ce film : Jojo, Nono, Simon et les autres sont inoubliables. Leurs regards sur la guerre, sur l’obligation de porter l’étoile jaune et sur les violences commises par les soldats sont terribles. Pourtant malgré leur situation, les enfants parviennent encore à jouer et à apporter un peu de légèreté.
Une place pour « les justes »
À côté des faits politiques, le film met à l’honneur « les justes », c’est-à-dire ceux qui ont aidé les Juifs à se cacher ou à fuir. On sera ému par Annette, l’infirmière pleine d’humanité, par le chef des pompiers qui ordonne de distribuer de l’eau aux prisonniers, par ses hommes qui récoltent les messages pour aller prévenir et rassurer les familles à l’extérieur, par tous ces anonymes qui ont désobéi pour sauver des enfants.
Plus qu’un documentaire, La Rafle est une impressionnante et belle mise en scène d’une histoire rarement racontée au cinéma. Un film essentiel pour ne pas oublier notre passé.
Ange-Lise Lapied


